Après le 13-heures ...

Publié le par Fleurette et compagnie

 Je disais plus tôt qu’habiter en Ukraine, très peu pour moi, dans la mesure où ça craint là-bas, quand même ! Et puis j’ai vu le groupe d’andalous qui se rebellent. Contre quoi, je ne sais pas mais ils semblent déterminer mais comme je les comprends ! Les jeunes comme les plus vieux ne trouvent plus de boulots, même des boulots de merde ! Alors, désespérés, ils vont de ville en ville en demandant la pitié des élus locaux, ils « cambriolent » en bandes les supermarchés pour donner à ceux qui n’ont plus rien, ils s’enferment dans une propriété de une des cousines de la reine … Je ne suis ni pour ni contre, pour moi, ce sont des hommes et des femmes (qui, je vous l’assure, quand on les regarde, ressemble à vous, à moi, tout le monde, ça pourrait être nous, c’est sûr !) désespérés, qui font ça mais parce qu’ils se doivent de faire quelque chose s’ils veulent survivre. Cela dit, je suis sûre qu’ils savent que ça ne changera pas les choses. C’est ce qui me semble le plus triste d’ailleurs.

Quand j’ai vu ça à la télé, j’étais entre l’abattement (aujourd’hui, en Espagne et demain, ici !), la consternation (mais où va le monde ? C’est l’Espagne, putain !) et l’ahurissement : ces files à la queue-leu-leu de nomades indignés et ces mouvements de rébellions qui grossissent un peu plus chaque jour dans les différents pays du monde, ces groupes de personnes qui n’hésitent plus à rentrer dans l’inégalité pour vivre, ça ne peut rappeler que les époques où la colère du peuple renversait le pouvoir et tentait de le reprendre (avec le succès que l’on sait …). Je pense que, dans certains foyers, la même rengaine commence à se faire entendre : il faut exterminer cette racaille communiste ! Seulement, avant, il y avait des puissances mondiales qui veillaient au grain mais aujourd’hui, tous les pays sont dans le même sac (même la Chine !). Doit-on espérer une révolution ? Dans ces cas-là, l’excitation primerait. Ou doit-on la craindre car possiblement sans solutions et causes d’éventuelles grandes violences incontrôlables ? On sait que la révolte populaire peut mener à des massacres sans nom : l’Allemagne, la Russie, la Chine … peuvent en témoigner. J’ai bien peur que, s’il y avait de réelles solutions, on n’en serait pas là aujourd’hui …

Je ne sais que penser de l’avenir. L’humanité va-t-elle finir par s’autodétruire dans la violence la plus crue comme les films de SF nous l’ont tant montré ? Vivrons-nous (enfin « nous », les survivants plutôt) dans les égouts quelque peu réaménagés, terrés comme des rats et gouvernés par des tyrans cruels et inhumains (voire des robots !!!)? Ou au contraire une nouvelle société va-t-elle voir le jour ? : vivant en produisant et consommant seulement ce dont elle a besoin (et pas pour le siècle à venir), chacun avec ce dont il a besoin (pas 3 voitures mais une, pas toute la collection de H&M mais seulement ce qui est nécessaire, pas des maisons de 200 m² pour 4 personnes et des piscines olympiques pour y plonger les pieds 10 fois par an, pas de casinos dans les déserts, pas de cultures outrancières de maïs ou d’élevage titanesque de bœufs, pas de rêves de devenir millionnaires en boursicotant …). En sommes-nous capables ? Malheureusement, je ne le crois pas. Nous sommes voués à notre propre disparition de la Terre. En espérant que ce ne soit ni trop brutal ni trop douloureux. Mais 15 milliards de personnes mourant de faim valent-ils plus que 5 dont les ¾ meurent de faim ???? Tant de questions, si peu de réponses.

Je ne peux pas savoir pour l’avenir mais ce que je peux dire, c’est que, sans remonter aux débuts des échanges mondialisés (qui finalement existent depuis que l’homme sait se déplacer loin) ou du libéralisme économique, le terreau était bien fertile. Entre Internet qui nous balance tout à la figure (qu’on le veuille ou non) et les années 2000 qui ont fait résonner la voix de millions de gens protestant contre les abus des sociétés (alors qu’à l’époque, tout n’était pas rose mais ça allait quand même bien mieux que depuis 2008 !), tout mène vers une révolution. Seulement on nous répète (pour contrer les violents courants contraires à l’ordre établi ????) que nos sociétés d’aujourd’hui ne sont pas capables de se révolter, gavés que nous sommes par la société de la consommation jusqu’à en devenir apathiques et tout simplement programmés par cette même société et ses médias pour ne pas vouloir ni pouvoir croire en  quelque chose de nouveau qui ne semblerait pas moins bon que la surconsommation de tout.  Qui se priverait de tout ce qu’on lui offre ? Dites-moi ! Personne ! Pourquoi ? Ce serait ridicule !

Enfin, ça, c’était avant. Car, franchement, là, les courants de personnes qui oseraient se priver ou qui le font effectivement de tout le confort qu’ils pourraient s’offrir sont de plus en plus forts. De plus en plus se privent même de la torpeur dans laquelle ils pourraient se laisser aller ou dans le silence dans lequel ils pourraient se murer (notamment pour ceux chez qui « tout va bien », encore) pour se lever et s’indigner.

Moi, personnellement, je ne suis pas une activiste du tout, je ne manifeste même pas et j’ai du mal à espérer des changements, je suis trop défaitiste … Je suis trop moulée dans cette société où l’on nous dit de profiter et de nous taire (les grands-mères disent, quand on se plaint, « Moi, à ton âge, je travaillais déjà depuis plus de 15 ans. Tu n’as pas à te plaindre, tu es heureuse, tu ne connais pas la faim ! ». Au début, tu réponds que ce n’est pas toi qui ne veux pas travailler ! Et puis, au bout de la énième fois, on se lasse !). J’ai trop lu, entendu, vu 1.000 preuves que ça ne sert à rien de se rebeller, c’est toujours les plus forts qui gagnent. Combien de fois j’entends : « Mais que veux-tu faire devant les actionnaires ? Et si tu touches aux actionnaires, que vont devenir les entreprises ? Et si les entreprises en pâtissent, que vont devenir leurs employés ? » …… Bon, le côté positif, c’est que les avis changent : les gens, même les réacs, commencent à comprendre que le problème, ce n’est pas de chercher du travail mais d’en trouver ! Les mêmes commencent aussi à comprendre que, peut-être, ben oui !, il faudrait un peu moins choyer ces actionnaires qui, en plus, sont souvent la proie de banquiers qui font juste n’importe quoi ! Qui jouent et prient pour pouvoir grappiller tous les restes de ce monde !

Bien sûr, j’exagère, je caricature, je ne pense pas tout ce que j’ai dit comme ça. Je suis tout de même un peu plus subtile que ça ! Cela dit, moi qui n’ait qu’une conscience politique-écologique-citoyenne etc … limitée, je me rends compte des changements. Je n’en ai ni peur ni envie mais j’en suis spectatrice. Aujourd’hui, je ne crois plus en rien, ni en la justice, ni en l’intelligence de l’homme, ni en l’utilisation de ses capacités extraordinaires pour son bien … De plus, je me vois comme une grosse passive : je n’ai plus le courage de me battre, s’il faut vivre cachés sous terre, je le ferais. Le monde est injuste et cruel, et, pour moi, rien ne peut changer, même rien ne va changer. Je vous brosse un tableau bien noir, me direz-vous. J’assume.

Cela dit, je le dis, je préfèrerais encore le chaos, car des cendres peut renaître un phénix. Mais un phénix différent, sinon à quoi bon ! En tous cas, ce qui est sûr, c’est qu’il faut des cendres pour le phénix renaisse. Alors, dans un coin de ma tête, j’ai bien toutes les horreurs perpétuées pendant les renouveaux de différentes sociétés mais que voulez-vous ? Finalement, je crois être une incorrigible optimiste. Et ... j'y crois !   

Enfin, et c’est un peu différent des propos que j’ai tenu plus haut, les évolutions dans les sociétés amènent aussi un renouveau culturel. Je le sens déjà. Et ça, ça m’intéresse beaucoup ! C’est ainsi que je prends le pouls du monde et j’adore ça !  

Publié dans Mais qui sommes-nous

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