Dame Nature et moi

Publié le par lafillequirevaitdunbidondelaitetduneboitedechoco

Je me suis posée une question : qu’est-ce qui nous (r)accroche tant à la campagne ? Pourquoi d’un coup la vie à la campagne est devenu Le « way of life » ? Alors je sais bien, il y a les tendances : les gens over-bordés, over-diplômés, qui passent leur temps à bosser et à ne pas profiter de la vie décident de s’exiler et refaire leur vie à la campagne loin des embouteillages, des panneaux publicitaires, de l’over-stress, des klaxons, des barres d’immeubles … et puis aujourd’hui, c’est la crise économique et le courant d’idées écolo-responsables qui poussent les gens à recentrer leur vie sur d’autres pôles d’intérêt que l’argent, la consommation, le travail, … Aujourd’hui, beaucoup de personnes aimeraient s’auto-suffire et réduire leur impact sur la planète (empreinte carbone individuelle …). Tout ça pour dire que la vie idéale de nos jours est à la campagne.

 

Alors je ne vais pas continuer dans la psychologie, philosophie ou autre analyse sociologique (car je n’ai bien sûr pas envie de me ridiculiser ……), mais je vais donner mon point de vue personnel sur mon propre retour à la campagne. Ainsi, en parlant que de moi, je passe certes pour une égocentrée mais pas pour l’intello de service qui fait des généralités inappropriées vu que l’on a chacun son histoire.

 

D’abord : chronologie : j’ai passé mais dix premières années de ma vie ou quelque chose dans le genre (maternelle + primaire) en banlieue parisienne, une ville résidentielle calme, agréable à vivre mais à 20 bornes de Paris (donc plutôt très urbain). Pendant tout ce temps, nous sommes (mes parents, mon frère et moi, voire en plus ma grand-mère et ma marraine) allés la plupart des week-ends de l’année dans la maison de campagne de mes parents achetée en ruine à ma naissance pour trois fois rien dans laquelle mes parents font des travaux depuis que je suis bébé et qui est encore loin d’être finie ! Loooooooooool. Mais mon père adore ! Elle se situe dans le nord de l’Orne dans un village perdu (et encore la maison est dans un hameau reculé où il y a trois autres maisons). Puis, pendant mon collège, nous avons habités 3 ans dans un village du nord de l’Ardèche en PLEINE campagne (massif central), j’étais bien trop jeune pour apprécier ! Ensuite, nous avons déménagé en plein cœur de Nantes (mais quand je dis en plein cœur, c’est en plein cœur : nous avons habité les 6 premiers mois dans LA rue principale de Nantes. Nous avons déménagé car mon père craquait : il ne dormait plus car il n’entendait que trop bien les gens qui entraient et sortaient des bars au pied de l’immeuble (mon père a le sommeil très léger et est en plus insomniaque ……). Cela dit, j’ai passé 13 ans de ma vie dans le centre de Nantes pour enfin venir habiter ici, dans la campagne choletaise.

 

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Photo trouvée du coin où j'habitais en Ardèche (véridique !) 

 

Maintenant, auto-analyse psychologique concernant mon amour et désamour de la campagne. Pendant mon enfance, je n’ai pas trop aimé la campagne : le puits m’a toujours fait horriblement peur (les parents font peur aux enfants avec les puits pour éviter les accidents –pourtant, le notre a toujours été fermé et je pense qu’il est impossible à quiconque de l’ouvrir !!!-), de plus, ma mère qui avait horreur des insectes nous a un peu refilé sa trouille (quoique, heureusement, il y a eu équilibre avec mon père qui est plutôt du style à tout faire pour ne pas faire de mal aux bestioles : il prend dans sa main les grosses araignées velues, les mille-pattes, les scarabées ou autres pour les remettre dehors sans les blesser ! Moi, j’essaie mais certainement pas dans la main ! Je ne les tue pas mais j’ai une sainte horreur de les toucher !!! Même les papillons ou les limaces ! Et pourtant je suis loin d’être une fille délicate !). Bref, à cause de ci et ça, je n’aimais que lorsqu’il y avait des amies, ma grand-mère, ma marraine … J’aimais donc les week-ends mais pour la famille, la compagnie, le jeu, les balades en vélo et les bons repas mais pas pour la campagne en soi !

 

Ensuite, j’ai mal vécu les trois ans ardéchois mais parce que j’étais plus qu’inadaptée, j’étais carrément rejetée par mes petits camarades à l’école. Le collège a donc été très dur pour moi au point de vue relationnel. Alors que j’étais le leader incontesté et aimé au primaire (j’étais la fille qui étais là depuis le début (première année de maternelle) et donc depuis le plus longtemps et j’avais une sacrée gouaille !!!), je suis devenue le bouc-émissaire de toute une école ! Bref, d’but d’adolescence mal vécue. Et … fin aussi (mais bon, je ne suis pas là pour faire une thérapie complète – restons sur un seul sujet ! Loooooool). Bref, je n’ai pas vraiment profité de ces trois années là et de la nature luxuriante de la région (mais j’ai quand même fait de grandes promenades en vélo, à pied, j’ai été découvrir les alentours, j’ai fait du ski de fond en famille etc).

 

Ainsi, quand nous sommes arrivés à Nantes, j’ai été très heureuse quoique que, en terme relationnel, ça a encore été dur au lycée mais j’ai réussi à m’en sortir et me faire mon ptit trou (j’étais entre le clan majoritaire des lycéens « normaux » et les « exclus ». C'est-à-dire qu’au début, je n’étais aimé de personne et faisait donc partie des « exclus » puis, peu à peu, et après mon redoublement de troisième, j’étais « l’interface » entre les uns et avec les autres. Je pense que c’est dû à plusieurs raisons et au fait qu’au fond, je ne faisais partie d’aucun groupe existant et qu’étant différente tout en étant très différente des « différents », je m’entendais bien avec tout le monde inclus les « normaux ». Mais, quoique j’ai eu de bons copains et copines, je n’ai jamais eu de véritables atomes crochus avec quiconque. Il faut dire que mes années de collège et le début du lycée m’avaient endurci et appris à prendre les distances avec les gens, tout en étant, dans mon style propre, extravertie et ouvertement et volontairement pas dans le moule). Zut ! J’avais dit que je ne m’étalerais pas sur le sujet, désolée ………

 

Mes années d’études ont été nombreuses et géniales ! Surtout du point de vue relationnel. J’ai eu beaucoup de déceptions mais socialement j’étais au top ! Ce qui fait que je suis beaucoup sortie, et le fait d’habiter au cœur d’une ville m’a beaucoup servi ! Du coup, l’éventualité d’aller habiter en dehors d’une ville n’était même pas envisageable une demi-seconde ! J’aimais la ville et je ne voulais surtout pas mettre les pieds à la campagne (excepté en vacances bien évidemment !). Je regardais les personnes qui désiraient prendre le large comme des extraterrestres qui devaient se faire soigner illico et pensais tristement aux personnes qui y habitaient ! D’autant que toute ma famille étant de fervents citadins, j’étais fort comprise et encouragée dans mes idées à la défaveur de mon ex qui, lui, ne rêvait que d’une chose, c’était la quitter, la ville ! Enfin au début ! Car, ensuite, lui non plus n’avait plus du tout envie de partir du centre de la ville ou du moins de la ville.

 

Lorsque mes parents ont appris que j’allais m’installer dans le sud Maine-et-Loire en pleine campagne, l’expression d’horreur s’est figée sur leur visage et j’aurais de la peine à vous la  dépeindre. Par la suite, ils n’ont eu de cesse que de nous ramener près de Nantes. Puis, au bout d’un an, ils se sont je pense habitués à l’idée car mon homme n’a évidemment aucune envie de quitter notre chez-nous et moi, aujourd’hui, je ne veux plus jamais habitée en ville ! Quand je repense à toutes ces angoisses citadines, je me dis « Mais comment font les gens ? ». Non parce que, pendant les études,  c’est bien, même très bien mais après ! De plus, quitter Nantes m’a permis de tourner la page rapidement : je ne pouvais pas croiser mon ex, sa famille, ses amis … dans mon village ! (Et, pour finir, on peut se mettre en maillot de bain dans le jardin !!!!!!!!!!!)

 

Voilà donc maintenant, j’adore la campagne et pourquoi ce revirement ? D’abord, j’ai grandi, j’ai mûri, j’ai fait ma propre opinion. J’ai compris que, si j’avais subi la méchanceté des autres, ça n’avait rien à voir avec la campagne. De plus, j’ai appris dans un cours de socio que chaque société avait besoin d’un bouc-émissaire. Enfin, ces périodes m’ont permis de me construire, de me donner une forte personnalité, d’apprendre à communiquer même avec des gens hostiles, de ressortir ce qu’il y a de bon et de bien en moi pour m’attirer la sympathie des autres (et pour ça, je suis reine ! Quand je souris aux gens dans la rue, même celle qui est de très mauvaise humeur me  rend mon sourire ! C’est un don que j’ai su développer ! De la même manière, ma mère m’a toujours dit que les gens n’étaient pas sympas à l’ANPE, eh bien, moi, les nombreuses personnes que j’y ai croisé (par la force des choses …) ont toujours été fort sympathique, très serviable et avec une réelle envie de m’aider !! Et même si rien n’a marché, je les en remercie !).

 

Aussi, on dit que le temps efface les mauvais souvenirs et finit par ne garder que le bon (c’est ce qu’on dit, hein !). Eh bien, chez moi, ça commence déjà !!!! Je me rappelle avec bonheur ces moments à la maison de campagne de mes parents (d’ailleurs nous devrions y passer un week-end fin août en famille !!!) et de la beauté de l’Ardèche : ces forêts de sapins, ces lacs, ces prés si verts, cette neige si blanche, cet air si pur ………… Je pense aussi que c’est parce que j’ai trouvé mon bonheur ici avec un homme merveilleux qui adore son pays et qui m’a fait redécouvrir les joies et les bonheurs de la nature, du clame et de la sérénité à la campagne ! Aujourd’hui, je ne rêve plus que de voir encore plus de vert, de faire encore plus de balades autour des lacs, dans les forêts avoisinantes ou dans les champs, de m’occuper passionnément de nos plantes et du potager, cuisiner nos légumes et vivre heureux ici !!!!!!!!!!!

 

Voilà, voici ma version des faits ! Loooooooooooool

 

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